Evolution de nos institutions.

Extrait du discours de Monsieur Louis-Philippe BOURDON prononcé à l’occasion de la fête des Jubilaires en 2008.

.....Le dicton populaire dit que « Paris ne s’est pas fait en un jour ». Et c’est une vérité.

Il en a été de même pour nos maisons et vous comprendrez probablement mieux dans quelques moments que pour en arriver à créer une pareille structure il a fallu beaucoup de temps, de patience, d’investissements humains et financiers et aussi une bonne dose de persévérance.

Le chemin parcouru durant ces décennies a souvent été semé d’embûches et sans une volonté soutenue de toujours vouloir progresser, il est fort probable qu’un pareil essor n’aurait pas été possible.

Que ce soit l’Espéranderie, le Bercail ou le Gai Séjour ainsi que leurs satellites, la Garenne, la Fermette, le Moulin Copine, la ferme de la Belle Vue, chacune des ces maisons a son visage qui au fil de l’histoire et de sa construction apparaît toujours en filigrane.

Ce visage est même bicéphale. C’est celui de mes parents, Monsieur et Madame Armand-Louis Bourdon sans lesquels rien n’aurait jamais été réalisé.

Il me plaisait à l’introduction de cet exposé de le rappeler pour d’emblée leur rendre hommage car mettre en place des maisons d’accueil capables d’héberger des personnes que la vie a défavorisées peut apparaître comme un exercice banal. Encore faut-il le réussir et surtout avoir la volonté au-delà de la recherche d’un seuil de rentabilité qui doit être au rendez-vous d’investir et de s’investir pour procurer aux pensionnaires qui sont hébergés le meilleur dans le confort, dans les soins et dans les relations avec leur famille.

 

L’histoire que je vais donc vous narrer commence il y a plus de 50 ans.

Elle pourrait même en faire rêver quelques uns car elle a débuté dans un cadre et dans un environnement d’enchantement. Nous sommes le 15 juillet 1955. Quelques personnes sensibilisées par la détresse de parents qui n’ont pas eu le bonheur de voir leurs enfants naître avec les mêmes chances que les autres et qui sont à la recherche d’un hébergement pour ceux-ci, décident de créer une association pour les recevoir.

L’ASBL « LES SOURCES » est constituée.

 

L’ambition est bien sur limitée il s’agit de recevoir quelques enfants et la demande est d’ailleurs elle aussi peu importante.

Durant quelques années, jusqu’en 1962, cette ASBL qui a ses activités au Château d’Arondeau à Roucourt va tant bien que mal répondre aux objectifs qu’elle s’est fixés. Mais déjà à cette époque (et oui l’histoire ne se réinvente pas) quelques-uns avaient l’esprit plus mercantile que celui du service. Ils voulaient d’abord se servir plutôt que servir.

Des tensions allaient naître au sein du groupe des fondateurs dont la gestion financière cahotique de certains était mise en exergue.

Les administrateurs de l’époque décident de faire appel à un homme d’affaires de la région pour examiner les comptes et surtout aller à la recherche de solutions pour relancer la machine qui était sur le point d’être en panne.

Cette personne est mon père Monsieur Armand Louis Bourdon. Dubitatif dans un premier temps, non seulement devant la situation financière qui lui était présentée, mais aussi devant l’esprit qui animait les membres du conseil d’administration, il se prend au jeu estimant que le redressement financier était possible, et convaincu que le projet méritait d’être soutenu. C’est ainsi que de consultant occasionnel quelques années plus tard, il se retrouve dirigeant de l’association.

Le 27 janvier 1962, la décision est prise de procéder au remaniement de son conseil d’administration et de confier la gestion comptable à mon père qui acceptait. Il n’avait probablement pas appréhendé les nombreuses difficultés qu’il allait rencontrer. La trésorerie était au minimum, l’hébergement au seuil de la rentabilité et la confiance que plusieurs avaient placée dans les fondateurs s’estompait jour après jour.

C’est donc dans l’urgence qu’il fallait réagir car la viabilité de l’institution était menacée. Ses talents de gestionnaire et son goût d’entreprise et de créativité allaient lui permettre de remonter petit à petit la pente et aussi de retrouver la crédibilité des partenaires.

C’est ainsi que pour pouvoir pérenniser l’entreprise, le 20 juillet 1967, la première convention liant l’association à la CRAM de Villeneuve d’Ascq était signée. A cette même date, l’institut obtenait son statut d’IMP. En 1970, un conflit médical naissait au sein de l’institution. La maison était en crise et de gestionnaire intérimaire qu’il était, il recevait la confiance des membres du conseil d’administration qui lui confiaient la direction de manière définitive. Cette modification statuaire était cependant encore loin de pouvoir résoudre tous les problèmes.

 Le conflit qui avait été à la source du changement de direction obligeait l’ASBL à trouver dans l’urgence un nouveau lieu pour l’hébergement de ses pensionnaires. L’institut allait donc se déplacer vers Bon-Secours, ou il s’en suivit un changement de dénomination et l’ESPERANDERIE voyait le jour. Elle avait dû dans la hâte louer une partie de l’institution religieuse occupée par les Sœurs Bernardines avec lesquelles elle allait cohabiter pendant presque 10 ans.

 

Au fil des années, la maison se construisait et se structurait. D’importants travaux ont été nécessaires pour aménager et mettre en conformité les locaux tels que la suppression des nombreux planchers en bois. Par exemple ci-dessous, l'ancienne salle de musique, transformée en appartement des Goélands vers 1975, puis restructurée pour l'accueil des Lutins en 2011. 

La première délégation syndicale était mise en place le 18 juillet 1974. Ce qui était une innovation à l’époque.

La fermette ouvrait ses portes le 1er octobre 1977, tandis que l’aile des « Marmottes » voyait le jour le 15 octobre 1980.

Dans le même temps, la maison grandissait avec une politique sociale attractive et la recherche sans cesse renouvelée de vouloir mieux héberger ses pensionnaires. Le nombre de ceux-ci croissait. C’est ainsi que le 12 septembre 1979, pour répondre à des demandes spécifiques, l’ASBL le BERCAIL était créée, ainsi que le 15 avril 1980, l’ASBL le GAI SEJOUR. Devant une demande d’hébergement sans cesse grandissante, des choix stratégiques devaient être opérés. Les Sœurs Bernardines, qui comme je vous l’ai signalé, occupaient toujours une partie de la propriété exprimaient, courant 1980, leur volonté de quitter définitivement les lieux et de vendre la totalité du bâtiment.

 

 

L’envie ne manquait pas aux membres du comité de direction d’acheter cet ensemble, mais les moyens financiers étaient limités. Chacun y allait de son commentaire, les uns voulaient investir et acheter le bâtiment, tandis que les autres étaient beaucoup plus réservés. Finalement ceux qui avaient de l’audace allaient triompher et la décision d’acheter fut prise le 5 mai 1981.

L’association l’ESPERANDERIE devenait propriétaire de ses murs. La veille, l’ASBL le Gai Séjour dont les activités devaient se développer sur l’Ardenne avait de son côté fait l’acquisition du Moulin Copine à Villance. C’était le 4 mai 1981. Les trois institutions allaient se développer chacune à son rythme et dans sa spécificité. Les investissements se poursuivaient et le renom de nos maisons n’était plus à faire.

 

 

Des agrandissements voyaient le jour notamment le 19 janvier 1981 l’achat par l’ESPERANDERIE des 3 maisons « JORION » qui hébergent actuellement les appartements des Perce Neige, des Bleuets et des Pâquerettes, et le 7 juin 1983, l’achat par le GAI SEJOUR de ce qui allait devenir en Ardennes son centre principal d’hébergement, la Ferme Belle Vue.

 

Il s’agissait d’une vieille bâtisse pratiquement à l’état d’abandon et sans le courage de ma mère qui sans cesse faisait les navettes entre Bon-Secours et l’Ardenne, non seulement pour surveiller les travaux d’avancement au Moulin copine à Villance, mais aussi accueillir les nombreux entrepreneurs qui allaient être chargés des travaux de rénovation de la Belle Vue, cette réalisation n’aurait pas vu le jour.

Pendant ce temps, mon père qui aussi navettait entre l’Ardenne et Bon-Secours, courait d’une entreprise à l’autre, faisait croquis après croquis, dessinait plan après plan, qu’il soumettait à l’architecte chargé des travaux. Les idées étaient bien arrêtées sur la destination qu’il voulait donner aux deux sites dont il assure toujours la direction. Dès 1983, l’option Bio était également arrêtée et c’est dans cette optique que l’on confectionnait les repas à l’Espéranderie et que l’on aménageait la Ferme de la Belle Vue.

Le Moulin Copine qui avait était rénové ouvrait ses portes le 16 avril 1985. Il avait pour première destination d’être un centre de vacances en Ardenne pour nos pensionnaires. Les difficultés de gestion allaient nous obliger à nous réorienter et finalement il devenait un centre d’hébergement qui allait accueillir ses premiers pensionnaires le 8 octobre 1985. C’est tout naturellement que ce groupe qui allait résider dans un ancien moulin s’appellera « Les Meuniers ».

Indépendamment des travaux réalisés dans les différentes antennes, le comité de direction soucieux du bien-être non seulement de ses pensionnaires mais aussi de son personnel, sollicitait l’autorisation de pouvoir aménager le temps de travail de celui-ci et par arrêté royal du 23 septembre 1985 l’autorisation était accordée à titre expérimental. C’est aujourd’hui une situation acquise.

Les différentes entités connaissaient l’essor et Le Bercail ouvrait le 24 décembre 1985 son appartement les Perceneige, le 16 avril 1986 les Bleuets et le 25 novembre 1986, les Pâquerettes. C’est le 30 juin 1987 qu’un nouvel investissement était fait pour permettre l’agrandissement du Bercail et lui adjoindre une quatrième maison qui sera dénommée les Coquelicots. Si de nombreux travaux étaient réalisés à Bonsecours, l’Ardenne n’était pas pour autant délaissée. Un premier tracteur était livré à la Belle Vue le 24 septembre 1986. Le 24 novembre de la même année, les travaux touchaient à leur fin et les raccordements en eau, chauffage et électricité étaient réalisés. Les travaux avaient duré trois ans depuis la date d’achat et à cette même date du 24 novembre 1986, le premier bétail débarquait à la Belle Vue. Quelques semaines plus tard, une partie des bâtiments pouvait être occupée et 9 pensionnaires prenaient leur quartier à Maissin, le groupe des « Fermiers ». Il fallut attendre encore six mois pour voir l’arrivée d’un nouveau groupe les « Sangliers », le 2 juillet 1987.

En cette année 1987, l’Espéranderie étaient installée depuis 15 ans à Bon-Secours et pour pérenniser son avenir, elle signait avec ses partenaires, les départements français, les premières conventions d’hébergement de longue durée. Les travaux sur l’Ardenne se poursuivaient à grand rythme et les ouvertures d’appartements à la Ferme Belle Vue se succèdent, le 9 novembre 1987 les Chevreuils et le 24 février 1988 les Renards.

 

Parallèlement des investissements étaient réalisés pour moderniser l’exploitation de la ferme. Le 28 juillet 1988, la mise en fonction d’une chaîne alimentaire pour les bovidés, l’inauguration le 6 juin 1989 d’une laiterie, beurrerie, fromagerie. Le Moulin Copine n’était pas oublié. Plusieurs appartements étaient ouverts le 10 septembre 1990, les Chasseurs, les Ramiers et les Ecureuils. Des travaux étaient aussi réalisés à Bon-Secours.

 

Une nouvelle porterie était construite et ouverte le 18 mars 1988. Les appartements des Castors, des Roitelets et des Jonquilles étaient ouverts en juin 1990 et le 10 mai 1992. Une nouvelle infirmerie venait compléter l’infrastructure le 17 septembre 1992. De nombreux travaux ont été réalisés pour la mise en conformité selon le respect de l’annexe 24.

 

 

Devant une demande d’hébergement de plus en plus importante, la décision était prise d’acheter le 26 août 1993 à Wiers la Ferme de la Garenne qui durant deux années à été transformée pour ouvrir ses portes le 9 septembre 1995.


 

 

L’ESPERANDERIE, le BERCAIL, le GAI SEJOUR, c’est aujourd’hui plusieurs centaines de résidents hébergés et de membres de personnel engagés. Des investissements de plusieurs millions d’euros, des outils de travail qui ont, au fil des années, fait notre réputation et que beaucoup nous envient. C’est aussi un savoir faire par un personnel disponible et sensibilisé à l’hébergement des personnes handicapées.

Voyez en cinquante ans l'évolution de notre cuisine principale, de 1960 à 2010!


Chronologie de nos institutions:

Date

Evénement

15/07/1955 Fondation de l’ASBL Les Sources à Roucourt
20/07/1967 L'ESPERANDERIE acquiert le statut d’Institut Médico-Pédagogique après signature d’une convention réalisée avec la CRAM de Villeneuve d’Ascq
02/11/1972 Installation de l'ESPERANDERIE sur le site de Bonsecours
01/10/1977 Ouverture de la Fermette
12/09/1979 Fondation de l’ASBL Le Bercail
15/04/1980 Fondation de l’ASBL Le Gai Séjour
15/10/1980 Ouverture d’une section « alités »
04/05/1981 Achat Moulin Copine
05/05/1981 Achat bâtiment des soeurs Bernardines
19/01/1983 Achat de 3 maisons Jorion, av. de la Basilique
07/06/1983 Achat Ferme de la Belle-Vue
16/04/1985 Ouverture du Moulin Copine
1985 et 1986 Ouverture des maisons "BERCAIL"
25/03/1987 Ouverture galerie couverte reliant l’Espéranderie au Bercail
18/03/1988 Inauguration d'une nouvelle zone ACCUEIL en remplacement de la Porterie
11/05/1992 La Chapelle est transformée en lieu de vie
17/09/1992 Ouverture de l’infirmerie de séjour
26/08/1993 Achat bâtiment Ferme de la Garenne
09/09/1995 Ouverture de la Ferme de la Garenne
01/05/1998 Extension Genets/Eglantines/Hirondelles pour mise en conformité avec l'annexe XXIV
01/06/2010 Extension au Bercail: ouverture des Lilas.
2011 Ouverture des Lutins, Baladins et Arlequins